Des déclarations de Laurent Gbagbo font débat et enflamment des discussions : « Une phrase sortie de son contexte devient  un prétexte »

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A la célébration de la fête du travail le 01 mai 2009 Laurent Gbagbo : « Je n’augmenterai aucun fonctionnaire d’un franc aujourd’hui »

Description de la rencontre                            

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« Les fonctionnaires ivoiriens garderont un très mauvais souvenir de la 123è fête de travail. Et pour cause, hier à la célébration de cette cérémonie dans la cour de la présidence, le chef de l’Etat a dit non à toute augmentation de salaire. Gbagbo Laurent s’est particulièrement adressé aux fonctionnaires à qui il a déclaré qu’il ne cédera à aucune pression sur cette question. « Beaucoup a été fait pour les fonctionnaires…

Mais il faut que je dise une chose. Quand je suis arrivé au pouvoir, la masse salariale globale annuelle était de 600 milliards. Maintenant, nous sommes à 745 milliards. Il ne faut pas croire que l’argent se trouve dans une caisse et qu’on a qu’à le prendre. Ce n’est pas possible. L’argent ne se trouve pas dans la maison qui est derrière », a-t-il fait savoir. Poursuivant, le Président de la République a encore lancé:

« On me demande en même temps de revaloriser les salaires, je le fais et beaucoup en ont profité. Tous les corps de la Fonction publique ont eu leur part. Chaque corps a eu sa part. Il n’y a pas un seul corps dans la Fonction publique qui n’a pas été augmenté. De grâce aujourd’hui, il faut digérer ce qu’on a mis dans le ventre et puis en suite, on va voir« .

Le chef de l’Etat, pour justifier son refus d’augmenter les fonctionnaires s’est réfugié derrière le paiement de la dette extérieure. « Nous avons payé 118 milliards à la Banque mondiale, 100 milliards à la BAD. Alors on ne peut pas payer plus de 200 milliards aux Institutions et en même temps, augmenter les salaires », a-t-il dit en rappelant aussi que les problèmes de l’école et la crise du bois ne sont pas le fait de la guerre.

Gbagbo Laurent enfin, a félicité les travailleurs ivoiriens et a révélé que ces derniers ne sont pas plus rémunérés que les agents de l’Etat. Avant lui, le ministre de la fonction publique le professeur Hubert Oulaye s’est contenté de féliciter le Président Gbagbo pour selon lui les actions entreprises en faveur des travailleurs », rapportait le quotidien, Le Nouveau Reveil sous la plume de  Djè KM.

Réaction et décryptage d’un pro Gbagbo de la déclaration de l’ex chef d’Etat ivoirien : « Je n’augmenterai aucun fonctionnaire d’un franc aujourd’hui. Aucun fonctionnaire ne recevra un franc de plus aujourd’hui sur son salaire »

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Cet extrait, abondamment relayé par les adversaires du président Gbagbo est devenu viral sur les réseaux sociaux depuis quelques mois. C’est même l’argument massif de ceux-ci lorsqu’ils veulent démontrer que l’ex président n’a rien fait pour les fonctionnaires ivoiriens. Cet argument a encore été repris par un cadre du RDR sur le plateau de NCI cette nuit. Cette publication va démonter cet argument qui relève en fait d’une manipulation des masses.

Contexte du discours

Le 14 mars 2009, le président Laurent Gbagbo reçoit des enseignants grévistes au Palais présidentiel. Première démarcation, Laurent Gbagbo ne frappe pas les fonctionnaires ivoiriens en grève comme on a pu voir des Docteurs se faire bastonner récemment sous ce régime.

A la suite d’une grève assez dure, Laurent Gbagbo engage le dialogue avec les enseignants et avant de sortir cette phrase, il rappelle les sacrifices consentis par le gouvernement en faveur des enseignants. Afin de mieux comprendre, il faut savoir que dès qu’il est nommé premier ministre en 1990, Alassane Ouattara divise le salaire des enseignants en deux. C’est-à-dire que là où un enseignant devait percevoir 200.000FCFA, il touche désormais 100.000FCFA. Cette mesure a été appelé le raccrochage.

Le fond du discours

Ainsi Laurent Gbagbo débute son intervention : « Votre Porte- parole, Soro Mamadou que je connais, a évoqué la rencontre de 1995 où j’avais promis qu’une fois élu, je supprimerai les salaires à deux vitesses ; une mesure que je trouvais complètement inique. Quand j’ai été élu, la première année qui a suivi mon élection, j’ai supprimé les salaires à double vitesse. »

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La Côte d’Ivoire compte à peu près 300.000 fonctionnaires. Les enseignants sont les plus nombreux d’entre eux. Grace à la décision du président Laurent Gbagbo de faire le décrochage des enseignants, le salaire de ceux-ci est passé du simple au double. Lisons bien. Je ne parle pas d’une augmentation de 20.000FCFA. Grace au décrochage, là où un enseignant percevait 200.000FCFA par mois, il touchera désormais 400.000FCFA. C’est une mesure concrète que tout le monde peut vérifier.

En plus de cette mesure en faveur des enseignants, il a accordé un nouveau statut aux policiers. Celui-ci a couté 12 milliards. Puis il signe un nouveau statut pour les magistrats. Décret n°2008-15 du 11 février 2008 : Un régime vraiment spécial qui met les magistrats à l’abri de tout souci financier.

VOIR Décret consultable ici : https://loidici.biz/2018/09/01/decret-n-2008-109-du-5-mars-2008-modifiant-et-completant-le-decret-n-78-697-du-24-aout-1978-pris-pour-lapplication-de-la-loi-n-78-662-du-4-aout-1978-portant-statut-de-la-magistratu/lois-article-par-article/professions-judiciaires/le-statut-de-la-magistrature/.

Puisque nous devons parler avec des preuves. On pourrait ajouter la revalorisation du statut des personnels sortis de l’ENA (École Nationale d’Administration), des Diplomates, du personnel des affaires maritimes et portuaires, des Eaux et Forêts. Et toutes ces mesures ont été prises pendant que nous étions en crise économique du fait de la crise militaire et politique. Dire que Laurent Gbagbo n’a rien fait pour les fonctionnaires est donc un grossier mensonge.

Attendre deux semaines

Mais revenons-en à la phrase en question et je vous offre les paragraphes complets :  « Et vous avez vu que le 19 septembre 2002, la guerre civile a commencé. Telle la situation. Donc, aujourd’hui, après la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou, j’ai engagé les discussions parce que la guerre est finie et il nous reste la sortie de crise en trois points. Un, la négociation pour baisser définitivement le niveau de notre endettement extérieur. Deux, régler les questions militaires avec le problème des ‘’Com’zones’’. Et trois, aller aux élections. Ce que la Commission Électorale Indépendante (CEI) est en train de faire, en procédant à l’identification. Ce qui importe ici, c’est de parler du premier point, c’est-à-dire, la question des Finances Publiques.

Nous avons donc négocié et nous négocions bien. Mais, la décision (PPTE) va être prise le 27 mars prochain, c’est-à-dire dans deux semaines. C’est le 27 mars que la décision sera prise de réduire la dette de la Côte d’Ivoire pour qu’au lieu de 700 milliards de F CFA que nous payons par an, nous ne payions plus que de 200 milliards. Ce qui va nous faire un gain de 500 milliards. L’ensemble des Ivoiriens va gagner 500 milliards de F CFA. Aujourd’hui, c’est cela qui est mon problème. Je vous le dis nettement aujourd’hui, c’est ce qui est mon problème. Je veux aller à ce point de décision pour que la Côte d’Ivoire, notre pays, gagne 500 milliards de FCFA par an.

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Je pense que pour deux semaines, il faut attendre. Aujourd’hui, Il ne faut pas que la masse salariale explose. Et je n’accepterai pas que la masse salariale aujourd’hui explose. Je n’augmenterai aucun Fonctionnaire d’un franc aujourd’hui. Aucun Fonctionnaire ne recevra un franc de plus aujourd’hui sur son salaire par rapport au gain que je vois et que toute la Côte d’Ivoire va avoir d’ici deux semaines. Donc, quand je vous dis : « allez discuter », mais, allez-y discuter pour préparer la sortie de crise ; parce que nous allons en sortir. »

Laurent Gbagbo demandait donc aux fonctionnaires d’attendre deux semaines, le temps que la décision concernant le point du PPTE soit rendue. C’est cela la vérité. Le discours est consultable.

Une phrase sortie de son contexte devient  un prétexte

Une phrase sortie de son contexte devient un prétexte. Ce n’est pas parce qu’on fait de la politique qu’il faut mentir. En tout état de cause, nous sommes là pour rétablir les faits.

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