Inédit-en Côte d’Ivoire ‘’L’Eléphant déchaîné’’ une victime collatérale Pandora Papers: une réelle impasse calculée

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Décryptage

Inédit-en Côte d'Ivoire ‘’L'Eléphant déchaîné’’ une victime collatérale Pandora Papers: une réelle impasse calculée ledebativoirien.net « Pandora Papers », nom donné à l’enquête menée par 600 journalistes du Consortium international des journalistes d’investigation  a fait une victime collatérale en Côte d’Ivoire: L’éléphant déchaîné. La parution de l’enquête du périodique satirique, initialement prévue le 5 octobre 2021, pour mettre à nu des évasions fiscales de grande envergure dans des sociétés offshore, a été différée. Sine die.

Et entre la direction générale de cette rédaction, soupçonnée de compromission politique, et le journaliste, auteur de l’enquête, accusé de faiblesse professionnelle, c’est une passe d’armes. Cette investigation cite, en effet, de nombreux dirigeants du monde au nombre desquels le Premier ministre ivoirien, Jérôme-Patrick Achi, et le Grand médiateur de la République, Adama Toungara.

Le cabinet du chef du gouvernement a immédiatement réagi en invoquant « une atteinte grave à la vérité comme à l’honneur et l’éthique tant civique que professionnelle de Patrick Achi ». Les autres dirigeants ivoiriens cités observent, pour le moment, un silence de cimetière. Et alors que l’affaire de viol impliquant un ministre du gouvernement se trouve dans une impasse calculée, un autre scandale économico-financier explose au visage de l’État.

Mais dans un pays où le régime Ouattara privilégie, chaque fois, ou de court-circuiter la justice dans des arrangements ou de vouloir noyer le poisson dans l’eau, la vérité n’éclatera jamais dans cette autre affaire, qui va certainement accoucher d’une souris, parce qu’étouffée. Ainsi, Blaise Compaoré, président déchu visé par un mandat d’arrêt international pour sa participation présumée dans l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, le 15 octobre 1987, échappe à la justice du Burkina Faso. Renversé par une insurrection populaire, le 31 octobre 2014, il a trouvé refuge en Côte d’Ivoire, pays qui refuse de l’extrader parce qu’il a obtenu la nationalité ivoirienne.

COMPAORESoro Kigbafori Guillaume, alors président de l’Assemblée nationale, a également bénéficié de ce modus operandi. Visé, lui aussi, par un mandat d’arrêt international, lancé par les autorités burkinabè, dans le cadre des « écoutes téléphoniques » ayant un lien avec le putsch manqué du 17 septembre 2015, il a été sauvé par un règlement diplomatique.  C’est en raison de cette confusion et ce méli-mélo que la bombe comme « Côte d’Ivoire, plaque tournante de la cocaïne avec des dealers », bien que dégoupillée, n’a pas explosé même si elle est restée en l’état de latence. Mais, en fonçant sa tête dans le sable à chaque alerte, croyant éloigner les dangers, le pays se fait accorder des répits trompeurs pour sa seule image. A force de déplacer les problèmes sans les affronter pour les résoudre, il court le risque d’être pris à son propre piège. Et à son insu », décrypte, le journaliste F. M. Bally

Et dans le dossier Pandora Papers suivez ce que l’enquêteur  de L’Eléphant déchainé dit la marche de  son patron

«Pendant mon enquête, ma hiérarchie était informée de toutes mes avancées et démarches. Tout a commencé quand j’ai envoyé le 7 septembre 2021 un message au Premier Ministre pour lui demander une interview. Le lendemain 8 septembre, mon Directeur Général m’a contacté pour me demander de faire très attention sur ce dossier pour ne pas être manipulé. Par la suite, il m’a demandé de lui envoyer les éléments de preuve sur le Premier Ministre. C’est ce que j’ai fait en lui envoyant quelques documents. Le jour après, il est reçu par le Premier Ministre, Patrick Achi. Et le 10 septembre, mon Directeur Général me contacte de nouveau. Il m’informe avoir été reçu par Monsieur Patrick Achi. Lors de notre entretien téléphonique, il m’explique qu’un « tel papier pourrait faire des amalgames parce qu’il y a une bataille pour la prudentielle de 2025 au RHDP. Les gens disent qu’il n’est pas un pur produit du RDR. Donc, un tel papier pourrait lui causer un très grand préjudice alors qu’il n’a rien commis comme faute» .

scandal media panderas papers konanIl poursuit en ces termes : « Il (Monsieur Patrick Achi) nous demande de regarder, s’il n’y a pas d’autres éléments, si c’est ça seulement, ce n’est pas nécessaire de faire une publication là-dessus parce qu’il n’y a aucune faute qui a été commise. » Suite à notre entretien téléphonique, j’avais clairement compris que la publication de mon enquête dans L’Eléphant Déchaîné était compromise. Et le lundi 4 septembre, à la veille de notre parution, mon Directeur Général après avoir lu mon enquête, m’appelle de nouveau. Il me demande cette fois-ci, en ce qui concerne la société américaine Glover Park Group, pourquoi est-ce que dans le questionnaire, je n’ai pas fait cas de ce volet. Pour cela, il veut qu’on ait la réaction du Premier Ministre avant qu’on ne publie mon enquête. Voilà ce qui s’est passé. Je suis prêt à le prouver. Il y va de ma crédibilité après ce communiqué et les propos de mon Directeur Général sur la RTI».

Si ce n’est une impasse, çà  ressembla à une victime…

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